Créé le 13 juillet 2012 à 07h22 par Jérôme Chapuis Le discours politique n'a pas de prise sur le secteur industriel Jérôme Chapuis

VIDEO - La fermeture d'Aulnay est un « choc ». Un mot utilisé par Jean-Marc Ayrault et par son ministre Arnaud Montebourg. Les gouvernements se succèdent, Jérôme, et ils semblent pourtant démunis face au déclin de l'automobile en France. La chronique de Jérôme Chapuis.

C'est vrai que depuis une quinzaine d'années, c'est comme si le discours politique n'avait pas de prise sur ce secteur.
Regardez, Lionel Jospin. Début 1997. Il est patron de l'Opposition.

Il manifeste aux côtés des ouvriers Renault contre la fermeture de l'usine  de Vilvoorde. Peu après, il devient Premier ministre et il ne peut pas empêcher cette fermeture, alors que l'Etat est actionnaire, ce qui n'est pas le cas pour Peugeot.

Constat d'impuissance qu'il va même formuler : c'est en  1999, dans un autre dossier (Michelin): « L'Etat ne peut pas tout. »

D'ailleurs, ça lui a été beaucoup reproché…

Oui, d'abord par Nicolas Sarkozy qui a pris la posture inverse. Vous savez : « Je ne dirai jamais que je ne peux rien faire».
Mais le bilan est cruel. On produit en France près d'un million et demi de voitures de moins aujourd'hui qu'il y a 10 ans. Face à ça, notre esprit français est déstabilisé, on est héritiers de Colbert ; on est habitués à un  Etat volontaire, qui se fixe un grand dessein.

Or, ces dernières années, en matière industrielle, le volontarisme a montré ses limites.
Et l'Etat-stratège est en panne de vision.

Mais quand même dans le cas de Peugeot, ils peuvent quand même agir, les pouvoirs publics...

Alors,  bien sûr, d'abord, il y a l'urgence. C'est l'accompagnement des salariés.

Etre aux côtés des femmes, des hommes, des familles. Répondre à l'angoisse, soit directement (via les organismes de formation), soit en maintenant la pression sur Peugeot.

Pour le reste, c'est quoi, les leviers ? Ils sont de deux ordres : les  aides et la contrainte. Le problème des aides, c'est que c'est ponctuel, c'est que ça coûte beaucoup d'argent et qu'il n'y en a plus dans les caisses.

D'ailleurs le gouvernement a déjà prévenu qu'il n'y aurait pas de prime à la casse dans le plan de soutien qui sera annoncé le 25 juillet.

Reste la contrainte. Certains réclament une loi pour durcir les conditions de suppression de poste...
Mais là aussi, les limites, elles sautent aux yeux  parce qu'on est dans une économie ouverte.

Donc les marges de manœuvres sont très faibles.

Vous avez remarqué que le gouvernement ne demande pas à Peugeot de revenir sur sa décision.

Dans son message adressé jeudi au Premier ministre, François Hollande demande au gouvernement de "limiter les conséquences sociales du plan" . L'Etat en est réduit à un rôle d'accompagnement et de vigilance. En l'occurence, il doit demander des comptes sur l'utilisation des aides  accordées à Peugeot ces dernières années. Il y a un contraste entre la prudence de François Hollande, jeudi, et la témérité du nouveau gouvernement qui a rebaptisé le ministère de l'Industrie  "ministère du Redressement productif".

Il y a dans l'intitulé même , une « obligation de résultat » dixit Arnaud Montebourg, le titulaire. Dans une période comme celle qui s'ouvre, c'est audacieux.

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10 commentaires
zebulon75001 13/07/12 - 17h35 Signaler un abus

Sans compter un permis de conduire tjrs trop cher, un système tjrs plus répressif pour tous les usagers de la route grâce aux permis à points; alors s'entêter à trouver des coupables .......

boudalab 13/07/12 - 16h43 Signaler un abus

Peut importe la marque, l'important est le lieu de fabrication, non ?
En achetant une "française" fabriquée en Roumanie, l'emploi est où?
Et si vous acheter une marque "étrangère" fabriquée en France. Même question... ?

cavapadidonc 13/07/12 - 16h06 Signaler un abus

C'est évident les entrepreneurs n'attendent pas grand chose du gvt. Seulement nous laissez la possibilité de fabriquer et VENDRE nos produits sans être écrasés par des taxes trop importantes et trop nombreuses. Que les élus diminuent les dépenses d'élus MAINTENANT. SUPPRIMER les élus des conseils généraux et tous les budgets liés à ces entités. La France ferait une économie IMMÉDIATE de 3000 élus et de nombreux milliards seraient ainsi disponible!!!!

valynette 13/07/12 - 15h27 Signaler un abus

tiens tiens le st just est sans voix dèjà ! et pourtant son chemin de croix ne fait que commencer encore un peu et il va regreter NS et ses solutions si si il a oublier que les sté privées sont privées et n'ont que faire de ses gesticulations de marionettisque de vogues Ah il est malin le robespierre gauchiste !!!

guimarjo 13/07/12 - 13h58 Signaler un abus

Mr MONTEBOURG nomme un Expert pour PSA, des Commissaires ou Délégué en Région pour étudier la fragilité des PME... qui va payer tous..... On plante des fonctionnaires, il y pousse des impôts selon Coluche ??? Il est vrai que dans un gouvernement o ùpratiquement tous les ministres sont issus de la fonction publique, on ne peut pas s'attendre à moins ????

denbas 13/07/12 - 11h05 Signaler un abus

Le choc d'Aulnay un choc !!!!!
Nos politiques ferment les yeux sur les conséquences d'une crise dont les effets commencent à se voir et ce n'est pas fini, ce n'est qu'un début !
Achetez asiatique, achetez Allemand mais surtout pas Français !
En plus, demandez plus de la secu, des retraites, et surtout n'oubliez pas de soigner gratos le reste de l'humanité qui a préféré venir en France !
Ha oui, payez aussi les 38 minitres qui se donnent à fond en ce moment !

WHATSNEW 13/07/12 - 10h45 Signaler un abus

"Le discours politique n'a pas de prise sur le secteur industriel"

C'est peut-être qu'il n'est pas adapté et que les industriels attendent autre chose que les histoires de cxl du Président non ?

WHATSNEW 13/07/12 - 10h43 Signaler un abus

Alors la gauche, on se bouge un peu ! Rien de bien brillant jusqu'ici...Vous avez eu 30 ans pour réfléchir.

zebulon75001 13/07/12 - 10h43 Signaler un abus

C'est tout un système économique qui est en train de s'écrouler et tous nos dirigeants politique et tous les patrons du CAC 40 y sont principalement résponsables de cette gigantesque banqueroute ...........

crmr78 13/07/12 - 10h30 Signaler un abus

et ce n'est pas demain que les voitures vont se vendre mieux, on répare, on évite de prendre sa voiture, les taxes nous bouffent et la voiture passe en second dans une famille, on privilégie le panier plutôt que la voiture, donc à enlever du pouvoir d'achat aux consommateurs,ils se restreignent sur le facultatif, les vacances, les sorties, les fringues etc... donc la relance ce n'est pas pour demain, trop d'impôts tue l'impôt.Et les riches s'évadent.