Le 22 juin 2008, Felipe Massa, sur Ferrari, s'imposait lors du Grand Prix de France sur le circuit de Magny-Cours. Depuis, la France pleure son Grand Prix National. Mais cela pourrait changer. En tournée électorale dans le Sud-Est de la France, le Premier ministre François Fillon, passionné de course automobile, s'est rendu sur le circuit du Castellet, près de Toulon, pour évoquer l'avancée des négociations avec les responsables de la F1. Il a évoqué la possibilité d'organiser un GP de France sur le circuit Paul-Ricard une année sur deux, en alternance avec un autre pays. Des contacts sont en cours avec les organisateurs du Grand Prix de Belgique à Spa.
Le retour d'un GP de France "ne coûtera rien à l'Etat"
Le retour d'un Grand Prix de France au calendrier de la Formule 1 "ne coûtera rien à l'Etat", a affirmé le Premier ministre sur le circuit Paul Ricard HTTT, en évoquant le montage financier prévu pour organiser à nouveau cette course en 2013. Une négociation est en cours avec les autorités de la F1, qui porte "environ sur deux millions d'euros", a indiqué M. Fillon, et elle ne devrait pas être perturbée par la prochaine élection présidentielle, a-t-il estimé lors d'un point presse sur le circuit varois, avant de partir pour une réunion électorale à Toulon.
Le coût d'un tel événement sera supporté par les collectivités locales du Var "qui se sont engagées formellement, c'est signé" et des partenaires privés réunis au sein d'un Groupement d'intérêt public (GIP), a confirmé M. Fillon, passionné de sport automobile et pilote à ses heures.
Cet engagement des collectivités locales, notamment la Communauté urbaine de Toulon Provence Méditerranée, représentée vendredi par son président, l'ex-ministre Hubert Falco (UMP), et le département du Var, permettra d'éviter que "l'Etat n'intervienne directement dans le financement du projet".
"Un événement "très important pour notre pays et notre industrie automobile"
L'Etat "apportera sa caution" au sein de ce GIP, a souligné le Premier ministre, et en fera donc partie, aux côtés aussi de la Fédération française du sport automobile (FFSA), un schéma similaire à celui utilisé pour la Coupe du monde de rugby en France en 2007.
Le plan de financement est "extrêmement réaliste", grâce à une "structure publique transparente", et un GP de F1 est un événement "très important pour notre pays et notre industrie automobile (...) Pourquoi croyez-vous que tous les pays émergents se battent pour organiser un GP de F1?", a lancé le Premier ministre aux nombreux invités et journalistes.
M. Fillon a aussi évoqué la situation financière de la France et l'objectif de réduction des déficits: "Symboliquement, il ne serait pas acceptable de subventionner un Grand Prix de F1, comme c'était le cas dans le passé sur le circuit de Magny-Cours", a-t-il ajouté.
A Magny-Cours, on fait la gueule
Les élus nivernais et bourguignons se sont déclaré "stupéfaits" des propos du Premier ministre François Fillon, vendredi sur le circuit Paul Ricard, au sujet d'un retour éventuel du Grand Prix de France au calendrier 2013 de la F1. Patrice Joly, président du Conseil Général de la Nièvre, et François Patriat, président du Conseil Régional de Bourgogne, ainsi que le maire de Nevers, Florent Sainte-Fare Garnot, et plusieurs sénateurs et députés, "dénoncent" dans un communiqué transmis à l'AFP, "le parti pris du Premier ministre en faveur du circuit du Castellet pour l'organisation du Grand Prix de France de Formule 1".
Ils évoquent notamment l'homologation FIA-FIM (ndlr: auto et moto) du circuit de Magny-Cours "pour trois ans" et rappellent qu'il dispose de "toutes les installations, infrastructures et savoir-faire nécessaires à l'organisation d'un tel événement, comme en témoignent les 17 GP de France qui ont eu lieu à Magny-Cours".
Selon eux, "le Premier ministre s'évertue à mettre en oeuvre une solution fondée sur des considérations partisanes et personnelles, loin des enjeux d'intérêt général que l'on serait en droit d'attendre d'un chef de gouvernement".
"Malgré ces déclarations (de François Fillon) et au regard de ses atouts, le circuit de Magny-Cours maintient sa volonté de recevoir le GP de France dans l'intérêt de la compétition automobile française, de l'industrie automobile, des nouvelles technologies et de la France", écrivent les élus, en évoquant le Technopôle de Magny-Cours qui "travaille sur l'émergence du véhicule du futur".
Les élus évoquent aussi "la construction à côté du circuit et du Technopôle d'un troisième pilier de développement du site, avec un projet de parc à thème autour de l'automobile et des transports", et estiment que "les logiques d'aménagement du territoire et de bonne gestion des fonds publics devraient conduire au choix du site de Magny-Cours". Une visite de François Hollande, candidat à l'élection présidentielle, est d'ailleurs prévue dans la Nièvre à la mi-avril.
(Avec AFP)
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En fait la France et les français ne l'ont jamais beaucoup intéressé, mais la bagnole, ça oui !